La Newsletter - OCTOBRE 2026
Description de l'actualité
Au programme : Quand la Cinémathèque de Nice s'invite au Cinéma Le Belmondo - La 4e biennale In&Out de Toulon -
Quand la Cinémathèque de Nice s’invite au cinéma Le Belmondo
Décryptage d’une fausse bonne idée qui menace l’écosystème cinématographique niçois
Une décision assez discrète et peu commentée, prise lundi 12 octobre 2026 lors du conseil municipal de la Ville de Nice, implique pourtant de profonds changements dans la vie cinématographique niçoise.
Dès le 17 octobre 2026, la Cinémathèque de Nice installe ses bobines au cinéma départemental Jean-Paul Belmondo, place Garibaldi.
Bien entendu, personne ne peut regretter la fin d’une situation intermédiaire née de la destruction d’Acropolis, qui avait conduit la Cinémathèque à être hébergée au Mégarama, dans le quartier Vauban, pour un coût très élevé : 180 000 € par an. L’institution y avait presque perdu son âme.
Mais ce retour au centre-ville et l’annonce de la « création d’un nouveau pôle consacré au cinéma d’hier et d’aujourd’hui » se heurtent à une réalité tenace. Le cinéma Art et Essai Le Belmondo (ex-Mercury) n’offre en effet pas suffisamment d’espace — tant en nombre de sièges qu’en nombre de créneaux de programmation — pour permettre aux deux institutions cinématographiques niçoises de s’épanouir pleinement.
Outre une programmation exigeante, mêlant programmation de « continuité » et cinéma d’art et d’essai particulièrement pointu, le Belmondo est, depuis de nombreuses années, un haut lieu des festivals et des ciné-clubs en tout genre. Une vingtaine d’associations cinéphiles y proposent leurs séances tout au long de l’année, parfois selon des calendriers extrêmement denses.
De son côté, la Cinémathèque de Nice proposait, jusqu’à récemment, une programmation de cinéma de patrimoine riche de deux séances par jour, six jours par semaine, complétée par des rencontres et des masterclasses qui accueillaient un public bien plus nombreux que ne pourra en recevoir la plus grande salle du cinéma de la place Garibaldi (de 90 sièges au maximum).
Cette cohabitation est présentée comme une opération de renouveau et d’économies, permettant à la Ville de réduire de 75 % ses dépenses de location, soit environ 130 000 € par an. Mais elle risque de laisser de nombreux acteurs culturels sur le carreau et pose une question essentielle : quelle place leur sera-t-elle accordée dans cette nouvelle organisation ?
Les associations cinéphiles niçoises, bien silencieuses face à une décision aussi soudaine que non concertée, devraient s’inquiéter d’une situation qui risque de rapidement tourner à l’embouteillage de séances.
Cette décision enterre aussi — définitivement ? — le projet de construction d’une « nouvelle » Cinémathèque, dotée de plusieurs salles, d’un espace d’exposition et de tous les équipements nécessaires pour être à la hauteur de l’histoire et du rayonnement de cette institution niçoise, fondée par Odile Chapelle et qui fête cette année ses 50 ans.
Enfin, il est difficile de ne pas voir dans cette situation inquiétante de mise en concurrence un motif supplémentaire de nourrir un pressentiment diffus : celui de la disparition possible de l’une des deux institutions, étouffée par l’autre.
4e IN&OUT TOULON
par la Scène nationale Châteauvallon-Liberté et Les Ouvreur·es // 23 novembre – 5 décembre 2026
La biennale In&Out, festival hybride entre spectacle vivant et cinéma, revient pour sa quatrième édition afin de célébrer la puissance politique des créations queer, qui interrogent l’ordre établi et ouvrent des espaces de résistance, de liberté et de réinvention collective. Aux côtés de Virginie Despentes, Habibitch, Lou Trotignon, Soa de Muse et bien d’autres, les artistes et cinéastes du festival déplacent les frontières du genre, des corps et de la norme, tout en faisant dialoguer les luttes féministes, antiracistes et LGBTQIA+ dans une perspective intersectionnelle.
Sur scène comme à l’écran, les histoires intimes deviennent des forces de transformation sociale. Les œuvres interrogent les rapports de pouvoir, bousculent les normes établies et donnent à voir d’autres manières de vivre, d’aimer ou de faire société. Elles ouvrent des espaces où les voix minorisées peuvent s’affirmer et où se dessinent de nouvelles possibilités d’émancipation. Ici, la fête n’efface pas la lutte : elle devient un espace de liberté et d’affirmation collective, où s’inventent d’autres façons d’habiter le monde.
Pour la première fois, la biennale se dote d’une compétition officielle. Un jury composé de professionnel·les et de représentant·es associatif·ves décernera un prix au meilleur court métrage de la sélection. Le public sera également invité à voter pour ses œuvres préférées, dans les catégories long métrage et court métrage.
Comme le rappelle Virginie Despentes, « Si on additionne toutes les marges, on est nombreux. » Une invitation à faire de nos différences une force collective et de la culture un terrain de luttes partagées.
L’association
Voir la page
LES OUVREURS
Association niçoise créée en 2009, Les Ouvreurs organisent et animent : des interventions en milieu scolaire (avec un agrément académique depuis 2013), des formations auprès d’adultes travaillant au contact de différe...
Association niçoise créée en 2009, Les Ouvreurs organisent et animent : des interventions en milieu scolaire (avec un agrément académique depuis 2013), des formations auprès d’adultes travaillant au contact de différe...