Des bas solidaires pour les réfugiés de guerre

Illustration pour l'actualité Des bas solidaires pour les réfugiés de guerre
L'évidence nous échappe parfois, mais les sous-vêtements restent évidemment des biens nécessaires à l'hygiène et au bien-être d'une partie de la population ukrainienne déracinée du jour au lendemain. Une styliste italienne installée à Nice s'engage à en fournir le plus possible aux centres d'accueil de la ville.

L'évidence nous échappe parfois, mais les sous-vêtements restent évidemment des biens nécessaires à l'hygiène et au bien-être d'une partie de la population ukrainienne déracinée du jour au lendemain. Une styliste italienne installée à Nice s'engage à en fournir le plus possible aux centres d'accueil de la ville.

Une machine à coudre, quelques élastiques, et surtout beaucoup de savoir-faire. À la maison des associations « La Luna » qui borde la promenade des Anglais, on a parfaitement compris qu'il n'y a pas nécessairement besoin de remuer ciel et terre pour venir en aide aux populations sinistrées d'Ukraine. À plus forte raison quand on sait que les réfugiés en terre niçoise ont des besoins d'habillement tout à fait essentiels. L'idée d'une créatrice : confectionner des sous vêtements à titre bénévole en proposant au grand public de mettre la main à la pâte via l'association « Pearls&Fashion » qui milite pour une approche sociale de la mode. « J'étais en train de faire un tri de vêtements pour une amie qui m'avait demandé de faire des dons pour l'un des centres d'accueil de réfugiés où elle est bénévole, se souvient la styliste milanaise Chiara Anna Benvegnu, à l'initative du projet. Et je me suis rendue compte que tout le monde peut donner des vêtements, contrairement aux sous-vêtements qui sont évidemment des choses très personnelles. Et vu que je suis spécialisée dans la création de lingerie, j'ai trouvé le lien idéal entre mon métier et le fait d'aider une population en difficulté. » Pas question malgré tout de le faire n'importe comment.

En noir et blanc

Lorsque l'on pense lingerie, l'une des premières choses qui vient à l'esprit est évidemment l'aspect séduction. Mais pas de ça ici. La priorité est avant tout donnée à la sobriété et l'aspect pratique du produit. « J'ai voulu essayer de transmettre un message clair qui n'est pas de faire de la lingerie sexy ou sensuelle, évoque la créatrice. Au contraire, c'est un besoin de première nécessité pour hommes, femmes et enfants. C'est important au même titre que les médicaments, la santé, l'hygiène. Il y a des gens qui sont entassés dans des endroits à partager l'espace, c'est très important de les aider. » Dans un souci de simplicité, les pièces sont ainsi proposées uniquement en noir ou blanc selon le goût et le matériel des participants, dont une cinquantaine devrait être fournie le plus rapidement possible. Le don se fera via le contact de la styliste pour une distribution directe aux plus de 3000 réfugiés comptabilisés par les attributions d'autorisations provisoires de séjour. « Je préfère ça que donner de l'argent. On ne sait jamais où il va : est-ce que ça va servir à l'achat d'armes ou au but initial ? Je préfère donner directement », complète Chiara Anna Benvegnu. Une petite pierre à l'édifice de générosité qui ne dépend que de la bonne volonté des (futurs) bénévoles. D'autres ateliers seront organisés dès la fin de semaine.

Louis AUBRY (@louisaubry)